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    Un peu d'Histoire...



    L’art de l’émail sur métal remonte à des millénaires. Vous trouverez ici une brève présentation, centrée sur le territoire de Limoges, l’un des bastions de cet art du feu.


    émail peint de limoges, michel bétourné, scène historique
    vase en émail sur cuivre et paillon d'argent, atelier camille fauré, limoges, émail en volume, année 1920
    châsse, moyen âge, émail champlevé, limoges
    émaux sur cuivre, renaissance, triptyque, limoges

    De l'Antiquité à nos jours... 

     

    L’émail traverse le temps, évolue et se réinvente sans cesse.

    Cet art du feu consiste à fusionner du verre sur un support métallique, tel que le cuivre, l'or ou l'argent, par des cuissons successives à très haute température. Cette alchimie entre le métal et la matière vitreuse donne naissance à des œuvres inaltérables, caractérisées par la profondeur unique de leurs couleurs et un éclat qui défie les siècles.

    Ses Origines

    Depuis près d'un millénaire, l'art de l'émail contribue à la renommée de Limoges.

    Bien avant son essor en Occident, des peuples anciens maîtrisaient déjà l’émaillage : les Scythes, qui auraient contribué à introduire cette technique en Chine par la route des Indes, le pratiquaient, tandis que les Égyptiens, les Phéniciens et les Assyriens en ont entretenu la tradition.

    Au Ve siècle av. J.-C., Démocrite d’Abdère aurait mis au point un procédé permettant d’imiter l’émeraude. Puis, au Ier siècle de notre ère, les artisans d’Orient avaient acquis une remarquable habileté dans la fabrication d’objets rehaussés d’émaux colorés. Les ateliers de Jaipur, de Lahore et de Bénarès, en Inde, étaient réputés parmi les plus virtuoses : il était difficile de rivaliser avec eux pour l’émaillage de l’or et l’intensité de teintes telles que le rubis, le vert émeraude ou le bleu saphir.

    L’émail fut ensuite travaillé à Cologne, avant que les secrets du métier ne parviennent à Limoges où, au début du XVe siècle, se développèrent notamment les émaux champlevés et cloisonnés. Jusqu’au XVIIe siècle, l’art de l’émail poursuivit son expansion, porté par des orfèvres et des artistes dont la renommée s’affirma dans la bijouterie, la verrerie et, tout particulièrement, l’orfèvrerie religieuse.

    Au XXe siècle, l’émail connaît un nouvel essor. Aujourd’hui, les émailleurs le considèrent comme une matière pleinement au service de leur démarche artistique et explorent ses applications dans la bijouterie, le design, l’architecture, le mobilier, et bien d’autres domaines.

    Son Histoire à Limoges

    Le premier essor local de l’émail à Limoges est attesté dès le Moyen Âge, sous l’appellation d’« œuvre de Limoges ». Il s’agit d’émail champlevé sur cuivre. C’est à Limoges que cette technique connaît un développement aussi remarquable que durable, se maintenant avec succès pendant plus de deux siècles.

    Avec la Renaissance, une nouvelle forme d’expression apparaît à Limoges. L’émail devient un véritable médium pictural : la matière se fait motif et recouvre désormais entièrement le métal du support. Cette évolution transforme en profondeur la pratique du métier, ainsi que le regard porté sur les émaux. Les sujets religieux cèdent progressivement la place aux scènes mythologiques et aux portraits.

    Léonard Limosin (1505-1577) devient ainsi peintre-émailleur au service du roi François Ier dès 1530. C’est également à cette période qu’apparaissent les premiers émaux réalisés au « blanc de Limoges » : les grisailles.

    En 1804, avec la mort de Jean-Baptiste Noualhier, s’éteint la dernière lignée de maîtres émailleurs de Limoges.

    L’émail connaît alors, à Limoges, une période de désaffection qui dure plusieurs décennies.

    Une trentaine d’années plus tard, l’émail renaît pourtant doucement de ses cendres : « le goût de notre époque semble se porter à faire revivre les industries des âges précédents (…) et que celle sur l’émail, dont on est près de retrouver le procédé, peut, d’un jour à l’autre, être exercée de nouveau à Limoges » (1837 – L’Itinéraire de l’Empire Français).


    Au milieu du XIXe siècle, on distingue clairement l’émail des peintres (ou « émaux limousins ») de l’émail des orfèvres, où l’émail est mis en valeur et “guidé” par un travail préalable du métal : champlevé, cloisonné ou encore rond- bosse.

    L’Exposition du Centre de la France, organisée à Limoges en 1858, constitue un tournant majeur dans la renaissance de l’émail limougeaud.

    De 1900 à 1937, les émaux limousins oscillent entre fidélité aux traditions et ruptures esthétiques. Les influences de l’Art nouveau puis de l’Art déco font émerger une nouvelle génération d’émailleurs, souvent formés à la céramique (Paul Bonnaud, Jules Sarlandie, J.-B. Issanchou…).

    L’Art déco est le courant qui permet le plus à l’émail de Limoges d’entrer dans le cadre de vie quotidien. C’est le début d’une réussite durable pour un nouveau foyer d’émailleurs, nourrissant l’idée d’une véritable « école de Limoges » (Léon Jouhaud, Camille Fauré, Alexandre Marty…).

    En 1937, les émailleurs fondent la première Chambre syndicale des Émailleurs limousins.

    Après les bouleversements et les difficultés liés au conflit mondial (1939-1945), l’émail de Limoges s’appuie sur une nouvelle génération pour poursuivre son histoire. Il est communément admis que l’émailleur Georges Magadoux joue un rôle déterminant dans la revitalisation de l’art de l’émail à Limoges au lendemain de la guerre.

    En 1971 naît la première Biennale internationale de l’Émail à Limoges, révélant un courant nouveau, en rupture avec l’émail traditionnel alors dominant (Boris Veisbrot, Henri Chéron, Monique Duban, Simone et Christian Christel…).

    1994 marque la fin des Biennales de l’Émail à Limoges.

    En 2004, après un changement de statuts, la Chambre syndicale des Émailleurs limousins évolue pour devenir un syndicat national : le SPEF.

    Le Syndicat, alors présidé par Patrick Rathonie, travaille en collaboration avec l’association APPEL qu’il a initiée (Association Pour la Promotion de l’Émail de Limoges) à la création d’une Maison de l’Émail, qui voit le jour en 2006.

    Cette structure ne résiste toutefois pas aux difficultés économiques et ferme ses portes début 2016.


    Aujourd’hui, une nouvelle génération d’émailleurs, riche d’idées, d’envie et de talent, écrit un nouveau chapitre de cette fabuleuse histoire de l’émaillage sur métal.

    Lepinois Bernadette, émail, musée des beaux arts de limoges
    Musée des beaux arts de Limoges, quartier de l'évêché
    musée des beaux arts de Limoges, étage art de l'émail, moyen âge
    Pierre COURTEYS, Laocoon inv.453, musée des beaux arts de limoges
    Jean COURT, aiguière Le triomphe de l_Amour (inv. 362), musée des beaux arts de Limoges
    FAURE-MARTY, vase aux canards (inv.511), musée des beaux arts de Limoges

    Visitez le Musée des Beaux Arts de Limoges.

    Et découvrez une collection unique présentant plus de 600 pièces émaillées illustrant la production des ateliers limousins du moyen- âge à nos jours et offrant un aperçu de la création internationale.

    Musée des beaux arts de Limoges, collection unique d'émaux sur métaux
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